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Si les Amish sont connus dans le monde entier comme une image jaunie ressurgie du passé, très peu de gens connaissent leur vraie nature. Malgré des bus entiers de touristes déferlant dans certains villages, ils ont toujours su préserver leurs règles de vie ancestrales.

L’image idyllique style « Petite maison dans la prairie » est celle qui ressort de prime abord. Néanmoins, une immersion plus poussée dans une communauté de Pennsylvanie ou de l’Ohio, vous permet une plongée dans un décor oublié depuis plus d’un siècle. Celui d’un univers sans électricité, sans moteur, fait d’une vie simple et rustique où le travail de la terre, l’élevage et la religion sont les seuls piliers d’une vie rudimentaire, où le simple fait de passer une communication téléphonique à un parent éloigné prend des proportions titanesques.

Pourtant, passez plusieurs jours à proximité de ces hommes et ces femmes, et le charme opère immédiatement. La simplicité, le recueillement, l’envie d’un monde passé où la solidarité et le partage sont essentiels, où les valeurs ont un véritable fond et pas la forme d’une carrosserie ou la taille d’une piscine, où « passer un moment ensemble » prend tout son sens. Cette exigence dans la simplicité, vous prend immédiatement au cœur et vous plonge dans un abime de réflexions.

Sont-ils dans le vrai ? Nous sommes-nous fourvoyés dans une société matérialiste, consumériste et technologique, où le paraitre a plus de sens que l’être ? En partageant leurs repas de kermesse, leurs lieux d’échanges comme les marchés, les enchères publiques, – mais jamais leur intimité qu’ils préservent de toute pollution extérieure -, on éprouve un sentiment de bien-être, de douceur, de plénitude, vers lequel on se sentirait facilement glisser en silence.

Cependant, passé la magie des lieux, de retour dans le quotidien, devant mes clichés, un doute m’étreint alors. À la vue de tous ces visages d’enfants, une impression surgit. Une sorte de mélancolie ambiante, un vague à l’âme général, comme une profonde méditation. Hasard des cadrages ? Circonstances malheureuses ? Distorsion du regard ? Pure subjectivité de l’auteur ? Ou véritable état d’âme d’une jeunesse dans le doute ? Pourquoi un tel décalage entre le moment passé et le « retour sur image » ?

Peut-être que la simple cadence d’une éducation « au naturel », au rythme du soleil, des chevaux, des moissons, du simple tic-tac des horloges familiales, des pas sur le chemin de l’école, laisse plus de place aux enfants amish pour flâner dans leur tête, se perdre et s’oublier dans leurs pensées ?

Qui peut le dire réellement ? À 16 ans les adolescents se confrontent au monde environnant à travers le « Running Time Period », une tranche de vie débridée de quelques années où tout est permis, y compris les excès, afin de choisir son avenir en toute conscience, celui des labours à cheval, ou des IPads. À 90 % les « brebis égarées » retournent vers leur communauté. Réelle motivation, ou incapacité à s’acclimater ? Seuls les Amish le savent…

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Amish, un monde décalé

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Je suis là, au petit matin, dans la montagne, à 2600 m, dans la cité monastique des hauts plateaux d’Ethiopie, Lalibela. Dix siècles de tradition chrétienne imprègnent les murs de ces églises creusées à même la roche, une étrange atmosphère, un souffle émanent de cette terre sainte appelée « Jérusalem Noire ».

Ils arrivent de toutes parts, tels des combres, des fantômes, les silhouettes, les mouvements furtifs, les chants, les plaintes me troublent, me fascinent, je me sens basculer dans nu monde flottant, ailleurs, et j’ai envie de fixer ces instans, de les immortaliser avec mon appareil photo, pour partager cette ascension dans l’indéfinissable.

Je ne parle pas leur langue, je ne connais pas leur culture, mais pour quelques instants je voyage dans leur monde…

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Lalibela-Ethiopie

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D’où vient cette folle idée de photographier un ourson aux 4 coins de la planète ? Peut-être le nain de jardin d’Amélie Poulain ? Qu’importe ! Un nounours, tout le monde en a eu un, c’est notre enfance, c’est une part de nous-mêmes, le temps où le monde entier s’ouvrait sans limites à notre soif d’espace et de liberté. Au fil du voyage l’ourson poursuit nos rêves, nos illusions, il se heurte à la fureur, à l’indifférence du monde, il se fait face à lui-même, mais il rencontre aussi l’autre…

Alors, fort de ses espoirs il peut faire fi des renoncements et des frontières, et repartir, libre et léger à travers les reflets argentés du monde…

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Les rêves de l’ourson

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Bénarès, Vârânasî… !? Peu importe. Point de convergence des corps et des âmes. Je marche sur le fil de l’existence. Les Ghats, ce chemin entre la vie et la mort.

Nulle part ailleurs, je ne me sens aussi vivante, aussi mortelle. Ma raison vacille, perd pied. Une sorte de distorsion de ma perception. D’un coté la présence physique, de l’autre l’abime spirituel. Entre les deux, des corps, du feu, de l’eau, du sang, des couleurs, des senteurs, des chants, des prières. Je m’étourdis de cette atmosphère. Mélange d’un univers matériel et spirituel, condensé de larmes, d’espoir, de rires, de silences.

Ma raison vacille, ma vue se trouble. Suis-je bien présente ? Le sont-ils vraiment ? La vie glisse sur les marches, se noie dans les eaux, renait dans les chants, s’envole dans la fumée, s’enferme dans les cendres, remplit le vent…

Cet homme n’en sera bientôt plus un. Cette femme prépare son passage vers un ailleurs. Cet enfant prend le temps de vivre. Il sait qu’un cycle est en cours, passager éphémère du vivant. Je respire, au bord de la suffocation. Je regarde, proche de la cécité. Je touche, à la limite de la brûlure.

Je suis

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Indian Vertigo